Que fait une accompagnatrice à la naissance ?

Son rôle  

 

Une doula ou accompagnatrice à la naissance est une personne qui apporte un soutient affectif, émotionnel et physique à une femme enceinte, et plus globalement à une famille, qui attend un enfant. Ses atouts sont présence, écoute active, facilitation de l’expression des besoins, soutien des relations familiales, soutien émotionnel et physique, informations permettant un choix éclairé, soins de confort, aide non médicale à la réduction de l’anxiété…

 

Elle rencontre généralement plusieurs fois les parents durant la grossesse, assurant une écoute attentive, des informations (sur l’alimentation, les comportements à risques, les choix lors de la naissance, la parentalité non violente…) ainsi qu’un soutien émotionnel empathique. Elle aide les parents à apprivoiser la venue prochaine de leur enfant et à s’y préparer. 

Personnellement, j'encourage les parents à bénéficier des préparations à la l'accouchement dispensées par les sages-femmes. 

Si les parents le souhaitent, la doula assure soutient et présence empathiques continus auprès de la femme qui accouche : durant la naissance. Elle veille aussi au bien-être du futur père lors de la naissance. Elle continue souvent d'accompagner la famille 2 à 3 mois après la naissance pour répondre à ses questions par exemple sur les soins non médicaux au bébé, l’allaitement, les pleurs, le sommeil, le nouvel équilibre familial.

Certaines doulas assurent un accompagnement global de la grossesse au premiers mois de l’enfant, c'est ce que je propose.

 

D’autres se spécialisent en "accompagnatrices antepartum", notamment pour les futures mères ayant une grossesse problématique et nécessitant un soutien affectif, voire domestique, accru. Les doula antepartum n’assistent généralement pas à la naissance.

 

Les "accompagnatrices postpartum" se spécialisent, elles, dans l’aide aux nouveaux parents pouvant contribuer, outre le soutien affectif, à des tâches domestiques légères (mettre une machine en route, plier du linge, préparer un repas, surveiller les enfants plus grands le temps que la nouvelle mère prenne soin d’elle, sieste, douche, relaxation...). Elles s’assurent que la nouvelle mère arrive à se reposer suffisamment, ce qui est un facteur important pour le développement de bonnes relations familiales, en répondant aux besoins des nouveaux parents.  


Certaines doulas encore ne travaillent que durant l'accouchement et sont généralement rattachées à une maternité : aux Etats-Unis par exemple les "birth doula" sont employées par les hopitaux, ceux-ci y trouvent un avantage financier grace à la réduction des interventions nécessaires (césariennes, péridurales, naissances assistées, déclenchements...) ainsi qu'une plus grande satisfaction des patients. Les sages-femmes trouvent avec l'assistance des doulas une plus grande disponibilité pour les soins requiérant un savoir médical.

 
  

Ses limites 

 

Une accompagnatrice à la naissance n’est bien entendu pas habilitée à diagnostiquer, prescrire, pratiquer ou conseiller des actes médicaux. Sa sphère d'intervention étant non médicale.
Elle peut cependant être amenée à poser des questions sur la vie intime de la femme enceinte (par exemple ses grossesses précédentes, des problèmes particuliers…) afin de mieux l’accompagner, lui fournir des informations spécifiques à sa situation, ou éventuellement lui proposer de contacter un autre professionnel.  Elle n’est pas non plus une aide ménagère ni une garde d'enfant. Sa principale mission est l’écoute et le soutien des personnes qu’elle accompagne, elle prend soin d’elles de façon non médicale. Elle n’est pas non plus une psychologue, ni un thérapeute. Elle oriente les parents, si il y a lieu, vers les professionnels et services concernés (sociaux notamment).    

 

 

Les doulas, une nouveauté ?  

 

En fait, de tous temps et dans pratiquement toutes les cultures, dont la culture polynésienne, les femmes ont été accompagnées par une figure féminine à leurs côtés lors d’une naissance. Le déplacement des accouchements dans les hôpitaux et cliniques a mis un terme à ce soutien affectif. En Polynésie, la présence du père est maintenant tolérée, voire favorisée, mais généralement une parente, amie ou professionnelle de l’accompagnement n’est pas admise, en plus du père, malgré les demandes des parturientes. Pourtant, les femmes ont un grand besoin d’être elles-mêmes maternées lorsqu’elles donnent naissance. 

 

 

Sa formation              

 

A l’heure actuelle il n’y a pas de formation requise (ce qu’il serait souhaitable de modifier). Avoir soi-même eu des enfants est un élément important ainsi qu’un intérêt naturel envers la naissance, les femmes enceintes et les bébés, sans oublier les pères. Il parait aussi indispensable que la doula ait effectué un travail sur son positionnement en tant qu'accompagnatrice afin de ne pas projetter sur les parents ses propres attentes mais de les accompagner, sans les influencer, sur leur propre chemin et être ouverte à leurs souhaits et choix.

 

Pour ma part, je suis maman de trois beaux enfants, doula certifiée par l'organisme de formation Child Birth International (CDCBI) et doula en exercice affiliée à Doula De France (DDF). Je suis profondément persuadée que les parents sont les personnes les mieux placées pour effcetuer les choix concernant leur propre famille et je les encourage à s'épanouir dans la responsabilité parentale. 

 


Les bénéfices d’une doula
   

 

Des études scientifiques récentes ont démontré que les femmes ayant bénéficié d’un accompagnement par une accompagnatrice à la naissance sont moins amenées à subir une césarienne, une naissance assistée (forceps, ventouses, expression abdominale...), un déclenchement ou une anesthésie. Les naissances accompagnées par des doula sont souvent plus courtes, avec un niveau inférieur de complications et d'interventions médicales.  Des essais cliniques randomisés (références ci-dessous)* sur l’accompagnement émotionnel et physique pendant le travail ont démontré de multiples avantages :    

 

50% de diminution du taux de césarienne 

25% de réduction du temps de travail 

60% de réduction de demande de péridurale 

30% de réduction d'utilisation d'analgésique 

40% de réduction de l'utilisation de forceps   

 

* Reference : The Doula Book : How a Trainder Labor Companion Can Help You Have a Shorter, Easier and Healthier Birth Second edition- by Marshall, Phyllis Klaus and John Kennell (Perseus Press, 2002)    

 
On peut aussi se référer au document publié par MIDIRS (the Midwives Information and Resource Service, Grande Bretagne) « Support in labor » (soutien pendant l'accouchement) qui présente les statistiques de 10 études randomisées contrôlées portant sur plus de 3000 femmes. 

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) soutient aussi l’accompagnement continu durant les naissances.

Voici un extrait de l’ouvrage  « Les soins liés à un accouchement normal: Rapport d'un groupe de travail technique » 

Soutien pendant l'accouchement

 

   « Les rapports et les essais contrôlés randomisés sur le soutien apporté pendant le travail par une seule personne, une "doula", une sage-femme ou une infirmière, ont montré qu'un soutien empathique et physique continu pendant l'accouchement s'assortissait de nombreux avantages, y compris un travail plus court, une diminution sensible de la médication et de l'analgésie épidurale, un nombre réduit de scores d'Apgar inférieurs à 7 et moins d'accouchements nécessitant une extraction instrumentale (Klaus et al. 1986, Hodnett et Osborn 1989, Hemminki et al. 1990, Hofmeyr et al. 1991).  Ce rapport définit une doula comme une femme qui dispense des soins, qui a reçu une formation de base en matière de travail et d'accouchement et qui connaît toutes sortes de techniques de soins. Elle apporte un soutien émotionnel, en prononçant des paroles encourageantes et rassurantes, en s'efforçant d'améliorer le confort de la mère, en maintenant un contact physique, par exemple en frictionnant le dos de la mère et en lui tenant les mains, en expliquant ce qui se passe pendant le travail et l'accouchement et en assurant une présence amicale constante. Ces tâches peuvent aussi être remplies par une infirmière ou une sage-femme, mais celles-ci sont souvent appelées à accomplir des gestes techniques/médicaux qui peuvent détourner leur attention de la mère. Toutefois, le réconfort constant d'une femme qui dispense des soins réduit sensiblement l'anxiété et le sentiment d'avoir eu un accouchement difficile chez les mères pendant les 24 heures suivant la naissance. Cela a aussi un effet positif sur le nombre des mères qui allaitaient encore au sein six semaines après l'accouchement.  Une femme en travail devrait être accompagnée des personnes en qui elle a confiance et avec qui elle se sent bien; son partenaire, sa meilleure amie, une doula ou une sage-femme (en continu). Dans certains pays en développement, cela peut aussi inclure l'accoucheuse traditionnelle. Généralement, elle aura fait la connaissance de ces personnes pendant sa grossesse. Les accoucheuses professionnelles doivent se familiariser avec les tâches de soutien et les tâches médicales qui sont les leurs et être capables de les assumer avec compétence et sensibilité. L'une des tâches de soutien qui incombe à la personne qui dispense les soins consiste à donner aux femmes autant d'informations et d'explications qu'elles souhaitent et dont elles ont besoin. L'intimité des femmes là où elles accouchent doit être respectée. Une femme en travail a besoin d'une pièce à elle, et le nombre des personnes présentes doit être limité au minimum essentiel.  En réalité, cependant, les choses sont sensiblement différentes de la situation idéale décrite ci-dessus. Dans les pays industrialisés, les femmes en travail se sentent souvent isolées dans les salles de travail des grands hôpitaux, entourées d'appareils et privées de l'appui amical des dispensateurs de soins.»


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